Une conversation avec

Diane Ducasse

C’est en plein cœur de Montorgueil, dans un immeuble caché au fond d’une cour, que nous avons rencontré la créatrice Diane Ducasse. Sa marque DA/DA est une proposition de vestiaire qui détourne les codes du masculin/féminin avec une créativité sans limites. Diane nous a reçus chez elle, dans son univers coloré et ludique, pour une conversation autour de la mode et du lifestyle.


Installée dans un immense pouf jaune à côté de La Talentueuse rebaptisée À DADA, la créatrice nous raconte son parcours. Elle évoque ses influences dadaïstes et japonisantes, qui l’ont amenée à dépasser le costume d’homme pour imaginer d’autres pièces, telles que ses robes longues nouées et fendues qui évoquent le pays du Soleil Levant, la liberté en plus. Inspirée par des icônes telles que David Bowie ou Frida Kahlo, Diane se dessine tranquillement un bel avenir dans le milieu très exclusif de la mode. Magneto.


Bonjour Diane, parlez-nous un peu de vous et de votre parcours…

Je suis la créatrice et fondatrice de DA/DA Diane Ducasse, marque de prêt-à-porter haut de gamme féminin, inspirée du vestiaire d’homme. Je pars de l'idée que l’on pique beaucoup dans les affaires de nos hommes, pourquoi ce ne serait pas eux qui auraient envie de nous piquer nos vêtements ? Je décline également cette allure décontractée chic sur le reste du vestiaire féminin en y ajoutant des touches japonisantes. J’ai commencé dans la mode en étudiant au Studio Berçot. Après des études à HEC et un séjour aux États-Unis je me cherchais un peu, et j’ai rencontré une dessinatrice qui m’a redonné l’envie de dessiner. On m’a parlé du Studio Berçot, j’y suis allée un peu par hasard. J’ai tout appris là-bas, c'était très intéressant, c’est là que j’ai compris le métier que je voulais faire. Ensuite j’ai enchaîné rapidement avec plusieurs stages et expériences professionnelles dans des maisons de couture. J’ai travaillé chez Lanvin, Marc Jacobs, Michel Vivien, puis j’ai été le bras droit du décorateur Vincent Darré. On créait des numéros spéciaux pour le magazine L’Officiel de la Mode. Puis je suis passée en free-lance, je collaborais notamment avec Inès de la Fressange, et en parallèle j’ai créé ma marque.

D'après vous, quelle est la faute de goût ultime dans la mode ?

Le collant couleur chair. Si en plus il est porté avec des ballerines ou des escarpins très vieillots à mi-hauteur, pour moi c’est rédhibitoire !



Est-ce que la mode fait partie de l’ADN familial ?

Je n’ai pas été élevée dans un univers lié à la mode, mais plutôt dans un milieu artistique. Les femmes de ma famille sont toutes très artistes, mais elles n’en font pas forcément leur métier. Donc ça n'a pas été évident pour moi de prendre la décision de faire de ma fibre artistique un métier de passion… Mes sœurs se sont également retrouvées face à ce dilemme. On a aussi une maman qui est très manuelle, elle a toujours peint, sculpté, fait nos costumes… Mes deux grand-mères ont fait les beaux-arts, ce qui était assez moderne pour l'époque. Quant à mon père, il est entrepreneur, ce qui m’a forcément influencée.

Vous en parliez, vous êtes proche de personnalités comme Vincent Darré ou Inès de la Fressange. Natalia Vodianova et Clara Luciani s’habillent aussi en DA/DA. Est-ce important pour vous de vous entourer de personnalités créatives et que vous apportent-elles ?

Ça se fait assez naturellement, je ne le cherche pas. Natalia Vodianova a par exemple découvert ma marque au Bon Marché. Quant à Clara Luciani je suis hyper fan d’elle donc je suis très fière qu’elle aime certaines pièces. Vincent Darré et Inès de la Fressange sont mes parrain et marraine de cœur, mes bonnes étoiles. Ils me soutiennent, me suivent et m’encouragent. Oui c’est vrai qu’ils m’inspirent beaucoup et cela me nourrit d’avoir de telles personnalités autour de moi. Au-delà de notre amitié, je les admire et c’est une chance.



Pouvez-vous nous parler de votre processus créatif pour arriver à une collection ?

Il n’y a pas de ligne directrice mais quand je vois les tissus cela me donne tout de suite des idées, j’imagine déjà mes intemporels. Je suis très sensible aux matières et aux couleurs, d’ailleurs je n’ai pas de noir dans mes collections. J’opte aussi davantage pour des matières d’homme car elles sont plus qualitatives et naturelles. Pour les assembler je fabrique tout à Paris. J’essaie de faire un produit de qualité, intemporel, qui va durer, avec des touches modernes et japonisantes. Je tire mes influences de mon quotidien. J’aime m’asseoir en terrasse pour regarder les gens passer, analyser leur style, les formes et les couleurs. Je m’inspire beaucoup des films, des expositions, des voyages,... tout ce qui a été plutôt limité ces derniers mois malheureusement. J’aime aussi observer des icônes comme David Bowie, ses costumes extraordinaires, ou encore les couleurs qu’on peut retrouver chez Frida Kahlo, etc…  


Nous sommes ici dans votre nouvel appartement. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce lieu et comment vous l'êtes-vous approprié ?

Ce qui m’a plu c’est ce grand séjour, la lumière qui entre malgré le vis-à-vis, et surtout le calme qui règne ici. On est en plein centre du 2ème arrondissement, mais comme nous donnons sur une cour c’est le calme absolu. Pour la déco, j’avais déjà pas mal de meubles, mon cher et tendre n'avait pas grand chose donc on a vendu certains de mes objets et on en a racheté d’autres ensemble pour s’approprier l’espace à deux. On achète tout en seconde main, car j’aime prendre le temps de choisir des pièces qui ont une histoire et de la valeur. J’aime mixer les styles et les influences et apporter une touche moderne sur de l’ancien.


« J’aime mixer les styles et les influences et apporter une touche moderne sur de l’ancien. »
|

Diane Ducasse, créatrice


Vous avez choisi deux produits By Charlot pour cet appartement, le pot Totem en collaboration avec Emmanuelle Roule, et notre iconique La Talentueuse. Pouvez-vous nous expliquer votre choix ?

J’aime beaucoup les cactus [ndlr: retrouvez La Talentueuse dans la catégorie des Euphorbes], je trouve ça exotique, ça me fait voyager. La Talentueuse a de l’ampleur, elle est digne, et j’aime le fait qu’elle soit piquante, je déteste ce qui est lisse. Et puis elle est facile à entretenir, et comme je n’ai pas la main verte… Quant au pot Totem, il y a un côté un peu dadaïste, surréaliste, comme un personnage avec ses petits bras et ses petits cheveux qui me plait beaucoup. De plus, ce pot me rappelle les influences dans lesquelles j’ai été élevée. J’ai grandi à la Réunion, où l’artisanat local est incroyable, et cela m’inspire beaucoup en ce qui concerne la lumière et les couleurs.



Vous avez pu personnaliser l'étiquette, qu’avez-vous écrit ?

J’ai écrit À DADA, parce que je voulais que cette plante soit à moi mais aussi à mon amoureux, qu’elle fasse partie de cet endroit. Ma marque s’appelle DA/DA, il s’appelle David, donc on est tous les deux des DADA. Et puis il y a une connotation enfantine que j’aime bien…


« La Talentueuse a de l’ampleur, elle est digne, et j’aime le fait qu’elle soit piquante, je déteste ce qui est lisse. »
|

Diane Ducasse, créatrice


Si vous deviez nous recommander trois comptes instagram de votre choix ?

Il y en a plein, mais j’aime énormément voir les photos de Louise Trotter, la directrice artistique de Lacoste. Je suis vraiment fan de ce qu’elle fait : son approche des couleurs, son sens de l’esthétisme... J’ai aussi une amie qui a créé le compte Maggie on the Rocks, elle est espagnole et a une marque de vêtements en maille. C’est un compte d’inspirations issues de ses shootings et elle a beaucoup de goût. Enfin, Gilbert Kann qui est un compte de décoration. Il poste des photos d’architecture que je trouve magnifiques.


Pour finir, pouvez-vous nous donner trois petits ou grands bonheurs de votre vie d'entrepreneur ?

Les rencontres que je fais en font partie, c’est quand même rare et très enrichissant au quotidien. Aujourd’hui par exemple, ma journée de travail c’est un shooting et une interview avec vous. Je ne sais jamais ce qui va se passer le lendemain. Ça peut parfois faire peur mais c’est très cool. Je suis libre de mes mouvements, de travailler où je veux. La grande chance que j’ai eue aussi dernièrement, c’est cette collaboration avec Monoprix. Je n’ai pas eu le quotidien un peu lourd que j’ai parfois dans ma vie d’entrepreneur comme la compta, l’administratif, les décisions stratégiques, et j’ai pu me concentrer sur de la créa pure. Ils m’ont donné carte blanche, j’ai pu faire ce que je voulais et ça a été un grand bonheur pour moi de voir qu’on me faisait confiance là-dessus. J’ai eu la chance de créer des objets, de la déco, des vêtements pour enfants... Il y a plein de choses comme ça qui surviennent et viennent éclairer un quotidien souvent stressant.


— Photographies et texte : Andrane de Barry

Retrouvez Diane Ducasse sur Instagram


la sélection de diane ducasse

la talentueuse

€99

le voyageur

€79

totem

€589

la talentueuse

€129

l'élégante

€79

totem

€589