Une conversation avec

Élodie Garamond

Elodie Garamond fait partie de ces personnes un peu à part qui distillent de la magie partout où elles passent. Parisienne touche à tout, elle crée en 2013 à Paris un studio de yoga différent des autres. Nous l’avons rencontrée chez elle, dans le 16ème arrondissement de Paris. Une interview depuis son canapé, tasse de thé à la main.


Au Tigre Yoga Club, on se sent comme à la maison. Elle est la première à développer le concept d’un club de yoga cosy, dans lequel on peut prendre des cours, mais aussi s’enfoncer dans de gros canapés moelleux et piocher dans la bibliothèque pour lire un livre sur la philosophie du yoga, tout en sirotant un jus détox pressé minute. Très vite, le bouche à oreille fonctionne car la qualité et la diversité de ses cours sont sans nulles autres pareilles. Les clientes affluent et se sentent si bien qu’elles font vite du Tigre leur deuxième maison. Mais l’entrepreneuse a le nez creux et ne s’arrête pas là. Petit à petit, elle propose en plus des conférences et ateliers, et organise des retraites de yoga et méditation plusieurs fois par an. Aujourd’hui Elodie a ouvert 4 centres dans Paris, 1 à Deauville et 1 à Lyon, ainsi que plusieurs espaces SPA. Loin de se laisser abattre par la fermeture des centres de yoga depuis le mois d’octobre, elle a lancé cette année le Tigre Yoga Play pour proposer les offres du Tigre en version digitale.


Bonjour Élodie, parleZ-nous un peu de VOUS et de VOTRE parcours…

J’ai travaillé pendant très longtemps dans l’univers des courses hippiques, qui est un univers masculin vivant un peu en vase clos. Je voyageais beaucoup et comme j’avais pas mal de problèmes d’insomnies j’ai commencé à faire du yoga. C’était il y a une vingtaine d’années, et ça n’a jamais vraiment quitté ma vie. Après, j’ai travaillé dans la communication et j’adorais mon boulot, mais je sentais qu’il manquait du sens à ce que je faisais. Le yoga avait pris une place prépondérante dans ma vie et un jour, comme une évidence, je me suis dit « mais pourquoi je n’ouvrirais pas mon studio de yoga… ». Au départ j’imaginais un truc tout petit, un endroit à moi où je pourrais accueillir mes copines, les profs avec qui j’aimais pratiquer. Et puis de là est né Le Tigre. Évidemment je n’avais pas prévu que cet endroit allait devenir ce que le Tigre est devenu... Ça a été une aventure incroyable, une histoire d’amitié et de famille avant tout –je suis associée à des membres de ma famille- et c’était génial parce qu’on est parti de rien. On était très mal préparé, on a tout fait à l’arrache, mais on y a mis tout ce qu’on aimait et puis voilà... La sauce a pris parce que les gens venaient au Tigre en disant « On a l’impression d’arriver chez des copains », et je crois que la recette c’était de faire un lieu qui nous ressemblait et dans lequel on avait nous-même envie de passer du temps.


DURANT LA CRISE SANITAIRE, les demandes de cours de yoga et de méditation ONT explosÉ alors que les studios ÉTAIENT fermés. Comment ÊTES-VOUS PARVENUE à maintenir le cap et à répondre aux besoins de vos clientes ?

La fermeture des centres de yoga a été très violente pour nous et nous l’avons vécue comme une injustice. Il a fallu rester positif malgré tout et on s’est réinventé. On s’est très vite tourné vers le digital, et on a dû apprendre, car c’est un autre métier. L’idée n’était pas seulement de prendre une caméra et de filmer des cours, c’était de trouver la même qualité d’approche, d’enseignement, de pédagogie. Et d’instaurer une proximité, malgré les écrans et cette distance immense qui s’était soudainement imposée à nous. Notre objectif était de garder ce lien et cette notion de pédagogie qui est très importante pour nous et nous permet d’exprimer que le yoga n’est pas qu’une pratique physique mais un art de vivre. Le yoga ce n’est pas simplement de passer une heure sur son tapis une fois par semaine… C’est une façon de vivre, de penser, et de prendre soin de soi. À travers le digital, il a fallu trouver de nouvelles manières de partager ça. Nous avons travaillé là-dessus et c’est ce qui nous permet aujourd’hui de garder ce lien magique avec toute la communauté du Tigre.


« C’est une façon de vivre, de penser, et de prendre soin de soi. »
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Élodie Garamond, fondatrice du Tigre Yoga Club


vous disiez que le yoga est un art de vivre, pour vous j’imagine que c’est plus une philosophie de vie qu’un simple sport. Comment est-ce que vous faites pour transmettre ça à vos élèves ?

L’idée c’est de leur transmettre que peu importe le corps qu’on a, et les limites de ce corps, on peut pratiquer simplement en respirant. Le yoga va bien au-delà de savoir faire le grand écart et des images qu’on peut voir sur les réseaux sociaux. C’est une approche respectueuse de son corps, c’est faire l’effort d’apprendre à connaître son schéma corporel, et aller plus loin en explorant tout ce qu’il y a à l’intérieur de nous, tout ce qu’on a dans notre champ énergétique et physiologique. Si on intègre ça et qu’on apprend à trouver les clefs pour s’explorer soi-même, ça nous rend plus libre, plus heureux d’être avec nous-même et donc plus heureux d’être avec les autres. C’est l’initiation d’un cercle vertueux. Si on arrive à faire comprendre aux gens que le yoga et la méditation sont des voies d’accès à cette liberté, à ce respect, et à cet amour de soi, cela leur offre une arme infaillible pour mieux aimer les autres et mieux aimer leur vie, tout simplement.


« Le yoga va bien au-delà de savoir faire le grand écart et des images qu’on peut voir sur les réseaux sociaux. »
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Élodie Garamond, fondatrice du Tigre Yoga Club


Quels sont les nouveaux projets que vous développez en ce moment ?

On a déjà beaucoup développé le digital et notamment Les conversations du Tigre qui sont des entretiens avec des personnalités connues ou moins connues, du monde du yoga ou pas, mais qui partagent toutes et tous cet art de vivre. Par ailleurs, j’ai eu la chance d’être élue présidente de l’Union des Professionnels du Yoga, qui est un outil de lobbying et de fédération formidable pour aider tous les studios. Je m’y investis beaucoup parce qu’on a besoin d’être mieux représenté, mieux défendu. Les valeurs du yoga, celles dont je parle, qui sont vraiment le terreau et les fondations du yoga au-delà de l’aspect activité physique, on ne les porte pas assez à un niveau social et sociétal.


À l’heure actuelle, dans une société qui a peur, qui est désorientée et enfermée sur elle-même, on a plus que jamais besoin de ces valeurs du yoga pour nous ancrer dans notre réalité et nous encourager à nous tourner vers l’autre malgré la tentation de repli sur soi. J’ai envie d’évangéliser et d’universaliser cette pratique bien au-delà du Tigre. C’est une conviction très profonde que je porte et je l’ai toujours dit, le monde ira mieux quand tout le monde fera du yoga. L’UPY (Union des Professionnels du Yoga) me donne l’opportunité de partager ça et c’est magique.

Au Tigre vous avez fait en sorte que l’on se sente chez soi. Ici dans votre univers personnel, dans votre appartement, comment avez-vous fait pour vous approprier les lieux ?

Comme je crois beaucoup aux énergies, bonnes ou mauvaises, je fais toujours attention à nettoyer les lieux, que ce soit chez moi ou dans les clubs. J’aère beaucoup, je passe de la sauge ou du palo santo pour purifier les lieux naturellement. Je ramène aussi beaucoup les éléments à l’intérieur : des pierres, des pommes de pin, plein de petits cadeaux de la Nature que je ramasse pendant mes randonnées… Et tous ces objets que j’aime avoir autour de moi forment comme des natures mortes finalement assez vivantes, et représentent des canaux de méditation très précieux. Il y a beaucoup de gens qui n’arrivent pas à méditer, qui trouvent ça compliqué. En fait, si on a quelques objets un peu iconiques qui nous parlent, qui nous rappellent une plage déserte, une montagne, ou n’importe quel paysage dans lequel il est plus facile pour nous de méditer, il se crée un transfert sur ces objets. En les observant on plonge dans une contemplation, dans un état méditatif. Voilà j’ai tout ce petit univers que j’adore autour de moi…


vous avez aussi des plantes By Charlot, laquelle représente le mieux la philosophie yogique ?

Moi j’adore Le Voyageur. Cette plante me parle parce que le yoga, et la vie en générale c’est un long voyage. Un voyage dans le temps, dans l’espace, mais aussi un voyage intérieur. J’aime regarder cette plante, elle est poétique, élégante et aérienne. Et puis elle a vraiment la composition d’un yogi, car un yogi est le lien entre la terre et le ciel, les pieds très ancrés au sol. En yoga on doit être le plus possible dans cette idée d’ancrage, de plantation. Et mon prof disait toujours « Tout ce qui est au sol est lourd, tout ce qui est léger est aérien » donc les mains, le visage, les pensées doivent être légères, aériennes. On se connecte au ciel, et plus l’énergie monte vers le chakra coronal, plus on est éthéré, spirituel. Je trouve que cette plante symbolise bien cette connexion qui relie la terre et le ciel, c’est une vraie plante de yogi. En tout cas moi elle me parle !


« J’adore Le Voyageur. Cette plante me parle parce que le yoga, et la vie en général, sont un long voyage. »
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Élodie Garamond, fondatrice du Tigre Yoga Club


La déco, c’est important pour vous ?

La déco va avec cet univers de contemplation, de développement des sensations et des cinq sens. J’ai plein de bougies chez moi, comme les bougies By Charlot. J’aime la décoration quand elle me permet un voyage intérieur. Je ne suis pas pour une déco forcément esthétique, mais plutôt une déco intime, où chaque objet doit avoir sa place. En revanche je n’hésite pas à jeter beaucoup de choses. Dès qu’il y a un objet, une pierre, même parfois je l’avoue un cadeau qu’on a pu m’offrir, quelque chose que je sens chargé d’une mauvaise énergie ou qui ne trouve pas sa juste place, je m’en débarrasse.


Chez vous, vous avez des rituels ?

Le matin, avant le réveil des enfants, je pratique pendant une demi-heure. Yoga, méditation, respiration. Je m’installe au milieu des plantes, des bougies et j’en allume toujours une. C’est mon rituel matinal. Et le soir, notre petit rituel avec mes enfants c’est de mettre de la musique. Des mantras, du rap, de la musique classique, peu importe mais on danse et on chante. C’est notre moment privilégié. Pour l’instant ça leur plait encore… Mais bientôt, quand l’adolescence va pointer son nez se sera terminé, je ne me fais aucune illusion !

En ayant deux enfants, VOUS n’aVEZ pas de mal à trouver des moments pour VOUS, des moments de calme pour VOUS recentrer et pratiquer ?

Je me réveille avant eux, sinon c’est compliqué. Et j’ai la chance de pouvoir faire régulièrement des retraites de yoga. Enfin pas en ce moment et j’avoue que ça me manque énormément, mais en temps normal les retraites sont mes échappées. Et quand je n’ai pas les enfants j’ai besoin d’aller marcher régulièrement dans la nature, c’est important pour moi. Je marche en silence, ce qui est un peu déstabilisant pour les gens qui m’accompagnent, comme mon mari par exemple, mais j’ai vraiment besoin de cette reconnexion profonde et intime à la Nature le plus fréquemment possible.


« J’ai plein de bougies chez moi, comme les bougies By Charlot. J’aime la déco quand elle me permet un voyage intérieur. »
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Élodie Garamond, fondatrice du Tigre Yoga Club


Justement, c’est la question que j’allais vous poser : vivre dans l’instant présent, se reconnecter à la naturE..., est-ce que vous arrivez à appliquer tous ces préceptes malgré une vie à 200 à l’heure, très urbaine ?

Non. J’essaye, mais je ne peux pas dire que j’y arrive. C’est drôle parce qu’il y a beaucoup de gens qui me disent « Ah bon mais tu es yogi et tu es en colère ? ». Bien sûr que ça m’arrive de me mettre en colère, je ne cherche pas à incarner la yogini parfaite. Comme je ne le suis pas, c’est une cause perdue donc j’ai arrêté d’essayer. En revanche, j’essaye de vivre pleinement chaque instant, et de dire oui à tout ce que la vie me propose. J’ai d’ailleurs tendance à dire oui et à réfléchir après aux conséquences, ce qui peut être un peu perturbant pour les gens autour de moi. Mais je trouve que la qualité de vie d’un yogi c’est ça : cueillir cette imagination, sauter dans la vie, accueillir les surprises, etc. L’instant présent il est là. Mais je ne revendique aucune perfection. Bien sûr que c’est compliqué une vie de chef d’entreprise et de maman, confinée, reconfinée. J’ai des moments de colère et de frustration hyper intenses. Mais je pense aussi que tout ça alimente ce qui fait que je suis créative, j’ai sans cesse de nouvelles idées, envie d’aller de l’avant et de lancer des projets, de rencontrer des gens… C’est parce que je laisse toutes ces émotions rejaillir. Que ce soit de la tristesse, de la colère ou autre, ce sont elles qui nous alimentent. Nulle part il est écrit que parce qu’on fait du yoga, on doit toujours être hyper calme, prendre sur soi et que tout coule. Oui il y a plein de choses qui coulent sur moi… mais pas tout !



Pour finir, est-ce que vous pouvez me donner 3 petits ou grands bonheurs de votre vie, de votre quotidien ?

Alors c’est un peu basique, mais rentrer chez moi est un grand bonheur, chaque jour. Parce qu’il y a quelque chose de très particulier ici. Il y a ces odeurs, ces couleurs, ces bougies, ces plantes, une atmosphère particulière qui me rendent impatiente de rentrer chaque soir chez moi. Mon autre bonheur, c’est l’écriture. Ça me fait un bien fou d’écrire. Je prépare actuellement une encyclopédie sur le yoga donc j’ai des dizaines de livres étalés partout. Je me plonge dedans, je cherche, j’ai l’impression d’être une étudiante tardive qui se replonge dans ses bouquins… Je remercie d’ailleurs Flammarion de m’avoir dit oui pour ce projet car c’est pour moi un grand bonheur du quotidien. Et puis surtout, il y a mes enfants. J’ai la chance d’avoir des enfants joyeux, ils sont très gais tous les deux. Ma fille chante tout le temps, elle danse, elle est drôle, et ce sont des joies qui sont assez simples et contagieuses. Le bonheur c’est d’être chez moi, avec mes enfants et mon mari.

— Photographies et texte : Andrane de Barry

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